Base de connaissances

Les compagnies aériennes et les hôtels affichent-ils des prix différents selon le pays de sortie ? Nous avons vérifié

Nous avons chargé les mêmes tarifs Ryanair et prix d'hôtels Booking.com depuis six pays via des IP résidentielles. Ce qui a changé, ce qui n'a pas changé et ce que nous n'avons pas pu atteindre.

Chris Collins

Chris Collins

24 septembre 2026 · 11 min de lecture

« Réservez votre vol depuis un autre pays et il sera moins cher » est l’un des conseils de voyage les plus répétés sur internet. C’est aussi un conseil rarement testé correctement, car un test équitable est plus difficile qu’il n’y paraît. Les prix évoluent à la minute près, les devises changent selon le pays, et un site peut afficher une chose sur une page de recherche et une autre au moment du paiement.

Nous en avons donc réalisé un. Le 24 septembre 2026, nous avons chargé les mêmes tarifs aériens et les mêmes annonces d’hôtels depuis six pays, via des adresses IP résidentielles, sans rien changer d’autre que le pays de sortie. Cet article rapporte exactement ce que nous avons observé, ce que dit la recherche publiée, et, tout aussi important, les parties du prix que nous n’avons pas pu atteindre.

Points clés

  • Les tarifs aériens n’ont pas varié selon notre pays de sortie. Sur 72 requêtes vers les données tarifaires publiques de Ryanair et six chargements de sa véritable page de réservation, chaque pays a vu les mêmes prix pour les mêmes vols.
  • La devise a suivi l’aéroport de départ, pas nous. Un départ de Dublin était affiché en euros et un départ de Londres en livres, depuis chaque pays.
  • Les prix « à partir de » publics de Booking.com n’ont pas non plus changé. Dix hôtels parisiens affichaient des prix identiques dans les six pays, lors des deux séries de tests. La devise d’affichage suivait la langue du navigateur, pas l’IP.
  • Les prix d’hôtels les plus susceptibles de varier étaient hors de portée. Booking.com permet aux hôtels de proposer des Country Rates, visibles uniquement par les visiteurs d’un pays choisi. Notre navigateur automatisé n’a pas pu accéder aux résultats de recherche datés, où ces tarifs apparaîtraient.
  • Cela correspond à la majorité de la recherche publiée. Les études sur les sites aériens n’ont, dans l’ensemble, trouvé aucune tarification systématique basée sur la localisation, tandis que les études sur les plateformes de réservation d’hôtels ont révélé des différences réelles mais limitées.

Comment nous avons testé

Le principe était simple : maintenir tout constant, sauf le pays d’où la requête semble provenir.

ParamètreValeur
Date du test24 septembre 2026, sessions principales entre 11h29 et 12h03 UTC
Pays de sortieÉtats-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, France, Inde, Brésil
RéseauPasserelle résidentielle Shifter, pays sélectionné par session
Vérification de sortieÀ chaque session principale, la localisation de la session était confirmée avant de charger les pages de voyage ; toutes correspondaient au pays demandé
Compagnie aérienneRyanair : données tarifaires publiques pour trois itinéraires le 10 novembre 2026, plus la véritable page de sélection de vol pour Dublin vers Londres Stansted
HôtelsBooking.com : la page publique de la ville de Paris en anglais britannique, en relevant le chiffre « Price from » pour chaque hôtel listé
RépétitionsDeux séries, pays dans un ordre mélangé, requêtes espacées de plusieurs secondes
ComportementNon connecté, pages publiques uniquement, aucune réservation, un petit nombre de requêtes à un rythme lent

Les sorties étaient des connexions résidentielles ordinaires. Aux États-Unis, par exemple, les sessions atterrissaient sur Comcast et Charter ; au Royaume-Uni sur BT ; en Allemagne sur Deutsche Telekom. Au sein de chaque pays, une session persistante maintenait la page et tout ce qu’elle chargeait sur une seule adresse IP, de sorte qu’un site voyait un visiteur cohérent plutôt qu’une foule tournante.

La comparaison elle-même n’est que la même requête, envoyée depuis différents pays :

import json
import urllib.request

URL = ("https://www.ryanair.com/api/farfnd/v4/oneWayFares?departureAirportIataCode=DUB"
       "&arrivalAirportIataCode=STN&outboundDepartureDateFrom=2026-11-10"
       "&outboundDepartureDateTo=2026-11-10&currency=EUR")


def price_from(country, username, password):
    proxy = f"http://{username}-country-{country}:{password}@p.shifter.io:443"
    opener = urllib.request.build_opener(urllib.request.ProxyHandler({"https": proxy}))
    with opener.open(URL, timeout=45) as r:
        fare = json.loads(r.read())["fares"][0]["outbound"]["price"]
    return fare["value"], fare["currencyCode"]


for country in ["us", "gb", "de", "fr", "in", "br"]:
    print(country, price_from(country, "customer-USERNAME", "PASSWORD"))

Ce que nous avons trouvé : les compagnies aériennes

Ryanair publie ses tarifs les plus bas via un point d’accès de données publiques, ce qui permet une comparaison propre. Nous avons requêté trois itinéraires pour le 10 novembre 2026 depuis chaque pays, une fois avec la devise fixée en euros et une fois sans, sur deux séries.

ItinérairePrix observé depuis les six paysDevise
Dublin vers Londres Stansted€19.99EUR
Dublin vers Barcelone€40.99EUR
Milan Bergame vers Londres Stansted€14.99EUR
Londres Stansted vers Dublin, devise non spécifiée£17.99GBP

Les 72 requêtes ont toutes abouti, et il n’y a eu aucune variation selon le pays. Lorsque nous avons omis la devise, elle a suivi l’aéroport de départ : euros depuis Dublin et Bergame, livres depuis Londres, quel que soit le pays où nous semblions être.

Un point d’accès de données ne raconte pas toute l’histoire, nous avons donc aussi chargé la véritable page de sélection de vol de Ryanair dans un navigateur complet depuis chaque pays. La bande tarifaire pour les jours autour du 10 novembre, ainsi que les tarifs de chaque vol du jour, étaient identiques dans les six pays. Un chargement au Royaume-Uni a échoué avec une réinitialisation de connexion lors d’un test pilote et a fonctionné normalement lors de la nouvelle tentative ; nous n’avons observé aucune autre erreur.

Le point d’accès de réservation de Ryanair, situé à l’étape suivante du parcours, a refusé nos requêtes directes depuis tous les pays sans exception, nous n’avons donc pas mesuré le paiement. Les frais ajoutés au moment du paiement, comme ceux liés à certains moyens de paiement, sont hors du champ de ce test.

Ce que nous avons trouvé : les hôtels

Booking.com est l’endroit où nous nous attendions à voir des différences, pour une raison que Booking.com documente lui-même. Ses pages partenaires expliquent que les hôtels peuvent proposer des Country Rates, des réductions qui « ne sont visibles que par les clients utilisant notre plateforme depuis une adresse IP correspondant au pays que vous ciblez. » Autrement dit, la tarification basée sur la localisation existe par conception dans le secteur hôtelier.

Nous n’avons pas pu y accéder. Depuis chaque pays, notre navigateur automatisé a été redirigé d’une recherche datée vers la page générale de Booking.com pour Paris, où le sélecteur de date de la boîte de recherche ne répondait pas. Les résultats datés, seul endroit où un Country Rate apparaîtrait, sont restés hors de portée. Ce type de dégradation silencieuse est courant lors de visites automatisées sur des sites fortement protégés, et c’est un bon exemple de taux d’échec silencieux : la page s’est chargée avec succès, et ce n’était pas la page qu’une personne aurait vue.

Ce que la page de Paris a montré, c’est un chiffre « Price from » pour chacun des dix hôtels en vedette. Sur six pays et deux séries, soit douze chargements au total, la liste était identique : les mêmes hôtels, dans le même ordre, aux mêmes prix, de £192.72 pour le moins cher à £468.82 pour le plus cher.

La devise racontait sa propre histoire. Chaque chargement affichait des livres, car le navigateur était configuré en anglais britannique. Le passage de la langue du navigateur à l’anglais américain sur la même page a fait apparaître des dollars américains. La devise d’affichage suivait les paramètres de langue, pas l’adresse IP, ce qui vaut la peine d’être su avant d’attribuer une différence de prix à la localisation. Une devise différente n’est pas un prix différent.

Ce que dit la recherche publiée

Notre résultat porte sur un jour, six pays et deux sites. La recherche plus large est plus étendue, quoique plus ancienne, et elle va dans le même sens.

ÉtudeCe qui a été mesuréRésultat
Vissers et al., HotPETs 201425 sites web de compagnies aériennes sur trois semaines, depuis New York et LouvainAucune discrimination systématique par les prix : « Presque toutes les compagnies aériennes affichent des prix similaires pour les deux localisations. » Les prix plus élevés d’un site s’expliquaient par une taxe nationale
Steer Davies Gleave pour la Commission européenne, 2012100 sites web de compagnies aériennes et d’agences de voyage74% ne faisaient pas varier les prix selon le lieu de résidence ; lorsque c’était le cas, généralement via des frais de service ou de paiement, « typiquement €5-15 »
Examen de la Commission européenne, 2020Client mystère en 201931,9% des sites web de compagnies aériennes affichaient des prix différents aux acheteurs transfrontaliers, soit 11,6 points de moins qu’en 2015
Hupperich et al., CODASPY 2018Plateformes de réservation d’hôtels, requêtes depuis plusieurs paysAjustement de prix basé sur la localisation confirmé sur certaines plateformes, « bien que les prix ne semblent varier que dans une fourchette limitée » ; une plateforme traitait tous les pays de la même façon
Which?, janvier 2023Test consommateur de vols réservés depuis différents pays« les prix des vols ne changent pas beaucoup selon le pays de réservation »

Le schéma est constant. Les tarifs aériens varient rarement selon la localisation du visiteur ; lorsque des différences transfrontalières apparaissent, elles proviennent généralement de frais, de moyens de paiement, de taxes et de devises. Les plateformes hôtelières sont différentes, car les hôtels eux-mêmes peuvent cibler des réductions par pays, ce qui se traduit par une variation réelle mais modeste.

Ce que cela signifie

Pour les voyageurs, le conseil populaire est plus faible qu’il n’y paraît. Côté compagnies aériennes, un pays différent ne changera probablement pas le tarif, et une devise ou un moyen de paiement différent peut coûter plus qu’il ne fait économiser. Côté hôtels, un Country Rate peut exister pour votre propre pays autant que pour n’importe quel autre. Which? met aussi en garde sur le fait que réserver via un autre pays peut se situer dans une zone grise légale.

Pour les équipes de voyage et de commerce électronique, la leçon porte sur la conception de la mesure. Si vous comparez des prix entre marchés, contrôlez la devise, la langue, les taxes et les frais avant de tirer une conclusion sur la localisation, et vérifiez que chaque chargement a bien renvoyé la page qu’un visiteur réel aurait vue. Le volet collecte de ce travail, du ciblage par pays et ville aux sessions persistantes, est traité dans scraping des prix de vols et d’hôtels et proxies résidentiels pour les données tarifaires de voyage.

Pour la presse, le titre honnête est plus étroit que « les prix dépendent de l’endroit où vous êtes. » La tarification basée sur la localisation existe dans le voyage, le plus visiblement sous forme de réductions hôtelières ciblées par pays. Sur l’ensemble des prix aériens et hôteliers que nous avons pu atteindre, nous n’en avons vu aucune.

Les limites de ce test

Un test unique doit préciser ce qu’il n’a pas couvert :

  • Une seule compagnie aérienne et une seule plateforme hôtelière, sur un seul jour, dans six pays.
  • Aucun résultat de recherche hôtelière daté, donc aucun Country Rate, qui constitue la source la plus probable de tarification hôtelière basée sur la localisation.
  • Aucun total de paiement, donc aucun frais de paiement, taxe appliquée à la réservation, ou prix réservés aux membres.
  • Aucun prix d’application mobile, que certaines plateformes fixent séparément.

Chacun de ces points mériterait un suivi. Ce que nous pouvons dire, c’est qu’en maintenant tout le reste constant, les données de prix que nous avons pu atteindre n’ont pas changé selon le pays où nous semblions être.

Sources et références

Prêt à commencer ?

Essayez les proxies résidentiels de Shifter, 205M+ IPs, 195+ pays, à partir de 0,75 $/GB.

Commencer